Stellantis Vesoul : Le retour forcé au bureau inquiète les salariés et les syndicats
C'est un virage à 180 degrés qui se dessine au sein du groupe Stellantis. La direction a confirmé l'ouverture prochaine de négociations pour réorganiser, et vraisemblablement réduire, le temps de télétravail accordé à ses collaborateurs. À Vesoul, premier centre logistique de pièces de rechange du groupe en Europe, la nouvelle passe mal.
Un frein pour l'attractivité du site ? Sur les 2 300 salariés que compte le site, environ 300 bénéficient actuellement de deux jours de télétravail par semaine. Pour la CFTC, syndicat majoritaire, remettre en cause cet équilibre est une erreur stratégique. Jean-Paul, représentant syndical, souligne que la flexibilité est devenue un argument majeur pour attirer les "jeunes cerveaux" et les ingénieurs. "Casser les bienfaits de cet accord, c’est impacter la motivation et les futurs recrutements", prévient-il, alors que le groupe affiche pourtant une ambition d'embauche importante en France.
Un climat social sous pression Du côté de la CGT, on s'inquiète également des conditions de ce retour en présentiel. Le syndicat pointe du doigt la nécessité de réorganiser des open spaces qui n'étaient plus forcément adaptés à un retour massif des troupes. Le calendrier de cette annonce n'est d'ailleurs pas neutre : les négociations centrales devraient débuter en juin, mais en local, la tension monte alors que les élections syndicales sur le site vésulien se tiendront du 30 mars au 2 avril prochain. Un scrutin qui fera office de premier test pour mesurer le mécontentement des salariés face à cette réforme de l'aménagement du temps de travail.