Haute-Saône : Entre "enfer administratif" et dégâts de sangliers, l'agriculture en quête d'un second souffle
Réunie en session plénière à Vesoul, la Chambre d’agriculture de la Haute-Saône a dressé un constat sans concession sur la situation du monde paysan dans le département. Si les finances de la Chambre sont stables, le quotidien des exploitants, lui, se complique sur tous les fronts.
Le ras-le-bol de la "paperasse" Le président Michaël Muhlematter et les représentants des Jeunes Agriculteurs ont dénoncé d'une seule voix l'empilement des règles de la PAC. "À force de parler de papiers, les agriculteurs ne veulent plus être paysans", regrette Justine Grangeot, installée à Montbozon. Le secteur pointe notamment du doigt la plateforme "France service agriculture" qui n'apporterait pour l'instant aucune solution concrète aux formalités quotidiennes, créant une véritable "usine à gaz" pour la vente directe.
L'invasion des sangliers : une facture à 1 million d'euros ? Sur le terrain, la situation n'est guère plus réjouissante. Les dégâts causés par les sangliers dans les cultures de colza et de céréales explosent. Alors que l'an dernier les pertes s'élevaient à 550 000 €, les prévisions pour 2026 craignent de dépasser le million d'euros. Les agriculteurs des Vosges saônoises s'inquiètent particulièrement des friches forestières qui servent de refuges aux animaux. Par ailleurs, le cours du blé est en telle chute que certains producteurs envisagent tout simplement d'arrêter cette culture, devenue déficitaire à l'hectare.
Seule éclaircie dans ce tableau sombre : le savoir-faire haut-saônois s'exporte jusqu'à Paris. Le miel produit par le lycée Vesoul Agrocampus a fait son entrée officielle au menu de la cantine des députés à l'Assemblée nationale.