Fralsen : L'entreprise bisontine liquidée, une centaine d'emplois menacés
Le couperet est tombé. Ce jeudi 12 mars, le tribunal des activités économiques de Lyon a acté la liquidation judiciaire de la société Fralsen, emportant avec elle une partie de l'histoire industrielle de Besançon. Ce dénouement marque l'échec de longs mois de tentatives de sauvetage impliquant les syndicats, les élus locaux et jusqu'aux services de l'État à Bercy.
Un savoir-faire sacrifié par une gestion contestée Si les compétences techniques de Fralsen, notamment dans le domaine des microtechniques et de l'armement, étaient reconnues, elles n'ont pas suffi à convaincre les repreneurs potentiels. Le dossier, jugé trop complexe, était grevé par une incertitude sur les commandes du client principal, Timex, et surtout par une gestion financière controversée au sein de la maison mère, ACI Group. La CGT dénonçait d'ailleurs dès décembre un "soutirage" de trésorerie qui a asphyxié l'entreprise, transformant une unité en bonne santé opérationnelle en une victime collatérale de la holding.
Un sentiment d'abandon Pour Anne Vignot, présidente du Grand Besançon, cette issue est le reflet d'une "toxicité du système économique national". Malgré les efforts du Grand Besançon et les multiples interventions des services de l'État, les leviers de reprise sont restés bloqués face à des ratios bénéfices-risques jugés défavorables par les investisseurs. Le préfet Rémi Bastille, tout en qualifiant Fralsen de "victime du groupe ACI", assure désormais que la priorité est à l'accompagnement social des salariés. Ces derniers, forts d'une expertise rare, pourraient toutefois bénéficier d'un bassin d'emploi local qui recherche activement des profils qualifiés.