Besançon : un "speed dating" pour sauver la psychiatrie franc-comtoise
C'est une spécialité médicale en pleine crise de vocation. Alors que le nouveau bâtiment de psychiatrie du CHU Minjoz doit sortir de terre en 2027, les bras manquent déjà. Pour tenter de renverser la vapeur, Besançon accueille ce vendredi 30 janvier la première édition régionale des « Nuits de la psychiatrie ».
Casser les clichés au Centre diocésain Sous l'impulsion des professeures Djamila Bennabi et Lauriane Vulliez, l'événement invite les étudiants en médecine à rencontrer des psychiatres de terrain (libéraux, hospitaliers, pédopsychiatres) pour briser les tabous. "La psychiatrie est encore en queue de peloton derrière la radiologie ou l'ophtalmologie", déplorent les organisatrices. En cause : une image de la discipline parfois dégradée, un manque de moyens chroniques et des salaires moins attractifs que dans d'autres spécialités.
Une pénurie locale inquiétante Les chiffres parlent d'eux-mêmes :
Au niveau national, 15 % des postes d'internes n'ont pas trouvé preneur en 2025.
En Franche-Comté, seuls 7 postes sur 10 ont été pourvus cette année.
Le déficit ne permet pas de compenser les départs à la retraite.
L'innovation comme moteur Pourtant, la psychiatrie est une discipline en pleine mutation, intégrant de nouvelles innovations et une offre de soins de plus en plus diversifiée (équipes mobiles, psychiatrie légale). La soirée de vendredi, soutenue par l’ARS, espère convaincre la cinquantaine d'étudiants inscrits que cette voie est celle du sens et de l'avenir de la médecine.